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Chapitre d'ouvrage

Les clous de la Passion et la panoplie de Constantin : enquête sur l'emploi symbolique de reliques insignes par le palais impérial

Résumé :

Dans les actes du deuxième concile de Constantinople (553), on trouve consigné le récit d’un épisode singulier et mémorable qui révèle la vigueur du rapport de force opposant l’empereur Justinien et le pape Vigile: 

Le très bienheureux pape Vigile jura au très pieux seigneur empereur en notre présence, moi Théodore évêque de Césarée de Cappadoce et moi, Cethegus, patrice, par la force des saints clous par lesquels notre Seigneur Dieu Jésus Christ fut crucifié et par les quatre évangiles de la façon suivante : « par cette force du saint frein et par ces quatre saints évangiles, d’un seul esprit avec votre piété et d’une seule volonté, (nous jurons) désirer cela, nous y efforcer et agir de la sorte, autant que nous le pouvons, pour que les trois chapitres, à savoir Théodore de Mopsueste avec ses écrits et la lettre que l’on dit d’Ibas et les paroles consignées de Théodoret contre la foi orthodoxe et contre les douze chapitres de saint Cyrille, soient condamnés et anathématisés et (je jure) de n’agir d’aucune manière contre la volonté de votre piété ni de parler ou de donner des conseils en secret en faveur de ces chapitres ni par mon intermédiaire ni par ceux dans lesquels je peux avoir confiance, qu’ils soient membres de l’ordre clérical ou laïcs... ».

Comment une telle scène, avec de tels acteurs, a-t-elle été rendue possible et quel en est le sens profond ? Resserré, l’énoncé s’appuie ici sur le recours à un objet fameux tant les sources hagiographiques et historiographiques l’ont fait connaître de longue date : le frein allégué, c’est à dire les brides serties des saints clous de la crucifixion, est censé être celui qui a été fabriqué, à la suite de la découverte de la Croix par Hélène, la mère de Constantin. S’il n’est donc question que des rênes, la cour impériale se prévaut donc en l’occurrence de la conservation des reliques de contact par excellence, parmi les plus insignes de la chrétienté. Elle entend aussi en gouverner l’emploi. Le recours à la matérialité même de l’objet est remarquable et entretient avec sa découverte un rapport idéologique des plus élaborés, au point qu’il réserve encore à l’examen historique un certain nombre de difficultés. Il convient donc d’en préciser tout d’abord l’émergence puis d’en considérer l’évolution avant de mettre en évidence les caractéristiques que cherche à exploiter Justinien à une époque où l’inventio crucis prend une actualité nouvelle.  

Type de document :
Chapitre d'ouvrage
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https://hal.univ-angers.fr/hal-02564828
Contributeur : Okina Université d'Angers <>
Soumis le : mercredi 6 mai 2020 - 04:21:25
Dernière modification le : mardi 6 octobre 2020 - 14:24:08

Identifiants

  • HAL Id : hal-02564828, version 1
  • OKINA : ua15141

Citation

Philippe Blaudeau. Les clous de la Passion et la panoplie de Constantin : enquête sur l'emploi symbolique de reliques insignes par le palais impérial. L’impero costantiniano e i luoghi sacri, Il Mulino, pp.559-578, 2016, 978-88-15-25463-4. ⟨hal-02564828⟩

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