Accéder directement au contenu Accéder directement à la navigation
Chapitre d'ouvrage

Actualités sur les co-infections VIH–VHC

Résumé :

Objectifs
Évaluer l’incidence des co-infections VIH–VHC et analyser les évolutions chez les patients co-infectés.

Épidémiologie. Effets des antiviraux
La prévalence de la co-infection par le VHC varie de 10 à 14 % chez les sujets qui ont des conduites à risque sexuelles à 80, voire 90 % chez les usagers de drogue IV. De nombreuses études ont montré que l’infection par le VIH aggravait l’histoire naturelle de l’infection par le VHC. En revanche, les études qui se sont attachées à apprécier l’effet des thérapeutiques antirétrovirales sur l’histoire naturelle des hépatites chroniques C, chez les patients co-infectés, sont plus discutées. Dans des cohortes de taille importante, il a été démontré que la mortalité hépatique augmentait avec l’exposition aux antirétroviraux. Cependant, la durée du traitement antirétroviral rend aussi compte de la survie plus importante des patients, ce qui biaise vraisemblablement les chiffres. L’effet de l’infection par le VHC sur la progression de la maladie à VIH est plus discuté. Les patients infectés par le VIH doivent bénéficier, en tous cas, de la recherche d’une co-infection par les virus des hépatites B et C (VHB et VHC). Ce dépistage doit être renouvelé chaque année, en particulier chez les patients toxicomanes ou présentant des comportements à risque.

Réplication virale
La recherche d’une réplication virale, doit être mise en œuvre devant toute sérologie VHC positive confirmée. La recherche de l’ARN du VHC fait appel à des techniques de biologie moléculaire ultrasensibles qui permettent une détection qualitative et/ou une quantification du génome viral (charge virale). Les techniques de dernière génération de PCR en temps réel combinent les deux approches (détection et quantification). La charge virale VHC n’est pas corrélée avec le degré d’atteinte hépatique et ne prédit pas la sévérité de la maladie hépatique, contrairement à la corrélation démontrée dans l’infection par le VIH. En revanche, elle peut être un facteur prédictif de réponse au traitement. Le bilan préthérapeutique comprend aussi une détermination du génotype viral, car il a été clairement démontré une forte implication dans la réponse au traitement.

Fibrose hépatique
La fibrose hépatique doit être évaluée chez les patients ayant une hépatite chronique, car elle conditionne le pronostic et le traitement de l’hépatite. L’étude anatomopathologique après biopsie hépatique (PBH) reste la méthode de référence. Récemment, la mise au point de méthodes non invasives de mesure de la fibrose hépatique ont amélioré la prise en charge actuelle des hépatites C, notamment les tests sanguins (fibrotest BioPredictive Paris, fibromètre BLS Angers) et des mesures physiques comme l’élastométrie impulsionnelle (Fibroscan® Echosens) qui se substituent, de plus en plus, en pratique à la PBH.

Traitements
De nombreuses études ont maintenant validé le traitement associant interféron pégylé et ribavirine comme traitement de référence chez les patients co-infectés VIH/VHC. Ce traitement entraîne une réponse virologique soutenue, allant de 14 à 36 % chez les patients infectés par un génotype 1 et 2 et de 43 à 73 % chez les patients infectés par un génotype 2 ou 3. La durée du traitement est de 48 semaines. En plus des facteurs virologiques habituels chez les patients mono-infectés (génotype, charge virale), le taux de CD4 est l’un des meilleurs facteurs prédictifs de bonne réponse. Beaucoup d’espoirs se portent vers les nouvelles molécules en développement (inhibiteurs de protéase, inhibiteurs de polymérase), avec des résultats prometteurs chez les patients mono-infectés. Cependant, la toxicité de ces molécules n’est pour l’instant pas bien connue chez les patients co-infectés. Il est donc nécessaire de réaliser des essais dans ce groupe de patients, en surveillant très soigneusement la toxicité des associations thérapeutiques.

Type de document :
Chapitre d'ouvrage
Liste complète des métadonnées

https://hal.univ-angers.fr/hal-03268989
Contributeur : Okina Université d'Angers <>
Soumis le : mercredi 23 juin 2021 - 15:56:11
Dernière modification le : jeudi 24 juin 2021 - 03:34:58

Identifiants

  • HAL Id : hal-03268989, version 1
  • OKINA : ua3627

Collections

Citation

Hélène Le Guillou-Guillemette, Paul Calès, Françoise Lunel-Fabiani. Actualités sur les co-infections VIH–VHC. Antibiotiques, 10,(4), pp.167 - 175, 2008. ⟨hal-03268989⟩

Partager

Métriques

Consultations de la notice

9